Œuvres en prose

Ramana Maharshi ne tenta jamais d'enseigner ceux qui l'approchaient. Il se contait de répondre aux questions qui lui étaient posées par les uns et par les autres, selon la voie de prédilection de chacun. Ce fait est évident dans les réponses qui constituent les trois œuvres en prose :

  • « Qui suis-je ? » (Nane yar)
  • « Le Bouquet d'Instructions » (Upadesha Manjari)
  • « Une compilation sur la recherche de Soi-même » (Vichâra Sangraham)

Sivaprakasham Pillai était engagé dans la voie de la connaissance et avait une pratique approfondie des textes védantiques quand il se rendit pour la première fois auprès du Maharshi.

Sa question clé, qui reflétait sa préoccupation, fut « Qui suis-je ? » (Nane yâr ?). Les questions et réponses furent publiées sous ce titre. La première édition de "Qui suis-je ?" comprenait treize questions et réponses. Plus tard, à la demande pressante de nombreux fidèles, trente questions et réponses furent publiées. Peu de temps après, le Maharshi reprit toutes les questions et ses réponses et, sans tenir compte des questions, il regroupa ses réponses sous forme d'un essai.

Cette forme finale de « Qui suis-je ? » doit donc être considérée comme un écrit original. Bien que Gambira Seshaya eut précédé Sivaprakasham Pillai, priorité fut donnée à « Qui suis-je ? » dans les publications, puisque cette question était celle à laquelle le Maharshi confrontait ses interlocuteurs, dont l'un des premiers fut Sivaprakasham Pillai.

Gambira Seshayaavait étudié les écrits de Swâmi Vivekananda sur le Raja yoga. Il trouva auprès du Maharshi la clarification qu'il cherchait des termes sanskrits par­ticuliers à cette approche. Les questions et réponses qu'il reçut furent publiées sous le titre Vichara Sangraham , en français « Une Compilation sur la Recherche de Soi-même ». Les notes de Gambira Seshaya furent obtenues de son frère et les questions et réponses furent éditées par Natanananda Swâmi et publiées avec l'approbation du Maharshi. Plus tard le texte fut rédigé sous forme d'un essai.

Natanananda Swami etait un fervent bhakta de Shiva et suivait le chemin de la dévotion selon la tradition shivaïte de l'Inde du Sud. Nous lui devons Upadesha Manjari, en français « Le Bouquet d'Instructions ». Il rendit visite au Maharshi en 1918 mais ce n'est que plus tard que ce dernier répondit à ses questions. Ce sont ces questions et réponses qui constituent le bouquet d'Instructions.

Les trois compositions éclaircissent ainsi les chemins majeurs ouverts aux sadhakas et répondent aux besoins particuliers de chacun d'eux.

A l'époque où Sivaprakasham Pillai et Gambira Seshaye posèrent leurs questions, le Maharshi vivait sur la montagne dans une quasi solitude, quasi dénuement et silence, vers 1901 et 1902. Il traçait ses réponses sur le sol ou sur des morceaux de papier de toute provenance.

Quelle que fut la question posée, fut-elle intellectuelle, yogique ou dévotionelle, le Maharshi explique et développe Ies interprétations traditionnelles du vocabulaire sanskrit qui s’y rapporte, mais ce faisant, il ramène toujours les questionneurs vers le but ultime de la recherche, la prise de conscience de Soi-même.

Traduire ces textes soulève de nombreuses difficultés en raison de la quantité de termes sanskrits que le Maharshi explique avec une abondance de termes tamouls, l'équivalent desquels nous fait souvent défaut.

Une confusion s'élève parfais entre le premier ouvrage: "Qui suis-je ?" et le premier chapitre d’ « Une Compilation sur la Recherche de Soi-même » qui porte le même titre.

L'emploi des majuscules et le déroulement des paragraphes suivent l'original tout au long des trois textes.

Note de traduction sur la question "Qui suis-je ?"

Quand, au surgissement d'une pensée, ou d'un flot de pensées, nous nous posons la question « Qui suis-je ? » à qui sont ces pensées ? La réponse spontanée est « A moi - qui suis-je ? ». Le pronom personnel ‘Je’, la première personne sur laquelle la question est posée, n’est pas le ‘moi’ mais la connaissance intuitive et inébranlable que. nous avons d'exister. Au cours de la recherche, l'attention se pose sur elle-même, créant ainsi un arrêt bref du flot des pensées.

Si la question est posée dans la ferme intention de mettre fin aux pensées afin de trouver la nature réelle du 'Je', elle effectuera la jonction avec la pure conscience : l’attention au repos est pure conscience, la conscience d'être - ni ceci, ni cela.

Si la première personne
‘Je’ suis le corps existe
les deuxième et troisième personnes
existent aussi. Quand la première personne
scrute sa propre existence,
cette première personne périt :
les deuxième et troisième personnes
cessent aussi d'exister.
La Première personne qui brille alors
est le Soi - l'unité qui est
notre propre nature !
 
« Les quarante Quatrains » Q. 14

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