A propos de cette traduction

Bhagavan loua l'art de traduire, particulièrement des grandes œuvres et ajouta : 

« Traduire c'est lire dix fois, attentivement et écrire cent fois. »
 
Le Maharshi composa tous ses poèmes dans le style classique de l'ancien tamoul qui est soumis à des règles de composition très strictes. Le tamoul est une langue agglutinative. Lors de la séparation des mots, plusieurs choix s'offrent souvent, ce qui donne lieu à plusieurs interprétations. De plus chaque mot peut, lui aussi, avoir des nuances de significations et même des sens opposés. Il est souvent impossible de trouver les mots, expressions et idiomes appropriés en français et le sens original se trouve affaibli. Les phrases sonnent quelque fois faux et peuvent sembler ambivalentes. Elles le sont souvent dans l'original. Il n'est pas possible de reproduire en français la souplesse, la fluidité du texte original et ses nombreuses évocations.
Le tamoul ne comporte ni ponctuation, ni majuscules, et fait grand usage du pronom neutre, qui nous fait défaut.  Le contenu du texte est alors nécessairement modifié, altéré lors de la traduction. Finalement, le vocabulaire d'une langue appartient à la culture qui a formé cette langue et ne peut être transplanté dans une autre culture sans subir certaines modifications inévitables.
Cette traduction ne prétend pas être érudite, elle vise seulement à offrir aux chercheurs français une ouverture sur les écrits originaux du Maharshi.
Nous nous excusons donc d'une translitération quelque fois défaillante…
 
Quelques mots du vocabulaire du Maharshi :

  • Ahamkaraet ahamedaille : ego
  •  Nâne: ’Je’, désigne la conscience et la conviction que nous avons de notre propre existence en tant qu'individualité, en tant qu'entité personnelle. C'est ce sentir 'Je', cette pensée 'Je' que la Maharshi nous demande de suivre, et de chercher d'où elle s'élève.
  • Jnâna: (sanscrit) conscience, connaissance vraie, connaissance de soi-­même et de la nature du monde.
  • Arrivu, unnarvu sont les équivalents du sanskrit jnâna. Unnarvu désigne aussi la clarté de l’esprit, du mental, le réveil et le retour à Soi-même.
  • Thane : Atman. Dans ‘Qui suis-je ?’, le Maharshi explique (paragraphe 4) que l'équivalent du sanskrit atman est le tamoul thane. Thane est un mot de la langue courante et est inclus dans bien des phrases. Selon le contexte thane désigne Soi-même en tant que pure conscience, mais aussi soi-même, le sens que ce mot a dans la langue courante, c'est-à-dire la pure conscience identifiée à un corps qui donne naissance à ce pseudo ‘soi’. C'est la source du pseudo 'soi' que le Maharshi nous demande de chercher en suivant la trace de la pensée 'Je' au moyen de la recherche "qui suis-je ?". Dans la traduction 'Je’ désigne la pensée 'Je' tandis, que "Je" désigne le Sol ou Soi-même. La plupart des traductions françaises des publications du Ramanasramam ont interprété 'Je' (nâne, dans l'original) par 'le moi', ce qui fait échec à la bonne conduite de la recherche enseignée par le Maharshi…

Translitération :

  • ‘U’ se prononce 'OU'.
  • Les terminaisons en AM se prononcent AME, de même que les terminaisons en AN se prononcent ANE.
  •  JNANA, JNANI : la première syllabe 'JNA' se prononce comme le GNA dans 'gagna'.

Les notes de traduction:
Les notes sans références sont extraites des nombreuses publications du Ramanasramam, bien souvent tamoules ou malayalames.